Prêts rapides : un problème toujours pas réglé

            En 2017, le gouvernement du Québec a modifié la Loi sur la protection du consommateur afin de corriger plusieurs problématiques liés au crédit et à l’endettement des consommateurs. Il avait notamment dans sa ligne de mire les entreprises qui offrent des prêts rapides.

Prêts rapides : un problème toujours pas réglé
    À l’ACEF, la situation nous préoccupe grandement, car nous rencontrons trop de consommateurs aux prises avec ces entreprises peu scrupuleuses. Ce sont souvent des gens qui ont de mauvais dossiers de crédit et qui n’ont pas accès au crédit traditionnel.

            Aujourd’hui, à la lumière de reportages récents, on se rend compte que ces entreprises continuent d’abuser des consommateurs en toute impunité. Même à l’ACEF, nous voyons maintenant des contrats de location-achat pour des autos ou des meubles qu’on ne voyait pas auparavant.

            Même si le taux d’intérêt usuraire est fixé à 60% par année, ces entreprises réussissent à contourner la loi par toutes sortes de stratagèmes, notamment en ajoutant des frais d’administration ou d’adhésion. En transformant tous ces frais en taux d’intérêt, on en arrive à des taux de 200% et plus par année.

            De plus, selon un dossier du Journal de Montréal, plusieurs de ces entreprises appartiennent à des individus qui ont un casier judiciaire ou qui sont liés au crime organisé. Elles s’affichent sur Internet, Facebook, les petites annonces ou même à la radio.

            Bref, les changements apportés à la Loi sur la protection du consommateur n’ont rien changé. Et l’Office de la protection du consommateur, chargé de faire appliquer la loi, a peu de moyens pour mettre au pas cette industrie.

            À l’ACEF, la situation nous préoccupe grandement, car nous rencontrons trop de consommateurs aux prises avec ces entreprises peu scrupuleuses. Ce sont souvent des gens qui ont de mauvais dossiers de crédit et qui n’ont pas accès au crédit traditionnel.

            Alors, que faire? Faut-il encore changer la loi? Devrait-on mandater une autre instance gouvernementale pour surveiller ce secteur d’activités, comme l’Autorité des marchés financiers? Devrait-on empêcher les personnes ayant un dossier criminel d’exploiter ce genre d’entreprises?

            Chose certaine, ces entreprises exploitent les consommateurs les plus vulnérables. Il est temps de trouver des mesures coercitives et efficaces.

 

Roger Lafrance