Pénurie de logements:

la colocation comme solution

SAINT-HYACINTHE, 12 FÉVRIER 2021 – La région de Saint-Hyacinthe fait face à une grave pénurie de logements.  Selon la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), le taux d’inoccupation des logements à Saint-Hyacinthe atteint à peine 0,3%, soit 10 fois moins que le taux de 3% qui constitue le taux d’équilibre dans un marché immobilier.

            «Présentement, pour bien des gens, la situation est dramatique, affirme Roger Lafrance, conseiller budgétaire à l’ACEF Montérégie-est.  Dans notre organisme, nous rencontrons régulièrement des gens qui peinent à trouver un logement abordable.  Pour la plupart, ce sont des gens qui ont un emploi et qui ont toujours bien payé leur loyer, mais qui doivent se reloger suite à une séparation ou à un incendie par exemple.»

            Face à ce contexte bien particulier, l’ACEF Montérégie-est a décidé de promouvoir une solution qui pourrait aider les gens à se loger à un coût qui correspond à leurs revenus: la colocation.

            «Généralement, les jeunes se tournent instinctivement vers la colocation, rappelle M. Lafrance.  Beaucoup l’ont fait lorsqu’ils ont quitté la maison familiale pour poursuivre leurs études.  La colocation peut aussi convenir à d’autres types de gens, notamment face à une pénurie de logements.»

            Ce projet a été rendu possible grâce à un financement du Fonds québécois d’initiatives sociales, par son plan de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, et du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.  Il s’agit d’un des trois projets acceptés jusqu’ici dans la MRC des Maskoutains.

            «Notre objectif est d’abord de démystifier la colocation mais aussi de mieux outiller les personnes intéressées.  Partager son intimité avec une autre personne comporte son lot de défis.  Mais si on se prépare adéquatement, on peut en faire une expérience enrichissante à bien des égards.»

            «La colocation comporte des avantages intéressants pour certaines clientèles, poursuit Roger Lafrance.  On pense entre autres aux femmes, aux aînés ou aux personnes immigrantes. Elle permet non seulement de faire des économies sur le coût du loyer, elle favorise également l’entraide, brise la solitude et augmente le sentiment de sécurité des personnes.»

            Le projet se déploiera grâce à la participation de plusieurs organismes du milieu qui œuvrent auprès de clientèles cibles.  Il s’appuiera également sur une campagne publicitaire qui s’étendra sur plusieurs mois.

            «Dans plusieurs grandes villes où les loyers sont élevés, la colocation est implantée depuis longtemps.  Par exemple, on voit des aînés partager leur logis avec des étudiants, ou des familles monoparentales qui partagent un logement ou une maison.  Avec la pénurie de logements que nous connaissons, c’est une opportunité qui mérite d’être envisagée.»